Méduse en son miroir – Nouvelles inédites

Jean-Marie Blas de Roblès

Tremblement de plaisir ou de dégoût, altération intime de moi-même… ce que ma lecture a produit, je ne sais encore l’exprimer qu’en termes flous d’émoi. Et quand, pressé d’associer à ce livre les personnes qui me sont chères, je réussis à m’approcher d’un téléphone, je n’ai toujours rien d’autre à partager que cette émotion forte, irraisonnée, mais dont je sais qu’elle provient d’une offrande reçue, d’une alchimie qui a déjà commencé à transformer ma vie. Lors même que je conseille cette lecture à mon ami, j’use involontairement de la confiance qu’il m’accorde, de la proximité où s’enracine notre amitié pour me contenter, sans analyse ni commentaire, de lui annoncer la bonne nouvelle. A mon inflexion de voix, à certains mots, toujours plus ou moins les mêmes qui s’imposent à moi dans la louange, il reconnaît l’inexprimable. Deux ou trois détails me reviennent en mémoire, une image, une phrase que je ne parviens pas à citer correctement: je cours chercher le livre, par crainte d’en avoir un tant soit peu trahi la lettre. Je lis. Cette fois, c’est la première phrase d’un roman :
Ses amis l’appelaient Harry. Mais Harry n’enculait pas n’importe qui. Uniquement des femmes… des femmes mariées.

Impossible Sinaï

Max Aub

Dans “Impossible Sinaï”, Max Aub a voulu rendre compte de la guerre des Six jours entre Israêl et ses voisins arabes. Cependant, ni batailles, ni mouvements de troupes ici… Uniquement des hommes simples, soldats le plus souvent, empêtrés dans leur passé, leur religion, leurs doutes, leur terre, leur espérance, confrontés à des enjeux qui les dépassent, guettés et rejoints par un destin inéluctable.
La force de la fiction littéraire des manuscrits trouvés, sa vraisemblance, la variété des points de vue, l’universalité et l’unicité de la vérité qui les réunit, conservent à “Impossible Sinaï” tout son intérêt, comme ne cesse de le confirmer la situation au Proche-Orient…

Le goût des jours

Yves Rouquette

De 1998 à la veille de sa mort, au tout début de l’année 2015, le poète et écrivain Yves Rouquette a livré, toutes les semaines, une chronique à La Dépêche du Midi, qui la faisait paraître le dimanche, sous le titre Accent d’Oc. La présente parution rassemble l’essentiel des chroniques parues en 2013 et 2014.

Madrid et ses Castilles

Claude Delmas

La chronique intimiste où la ville apparaît sous la forme d’un personnage de roman qui traverserait l’histoire de l’Espagne.

Furor et Pietas – Lune rouge sur Narbo Martius

Patrick Milani

Dans les premières années de notre ère, Narbo Martius (l’actuelle Narbonne), capitale provinciale, est en passe de devenir un des plus grands ports de commerce de la Méditerranée. La vie s’y apparente de plus en plus à celle des autres cités latines, autant par l’architecture de ses monuments, que par ses institutions et ses moeurs.
Caius Tullus Magnus, descendant d’un légionnaire de la glorieuse Xe Légion, est un prospère propriétaire foncier et armateur. Mais loin des actes héroîques des époques guerrières, la jeunesse romaine cherche un sens à sa vie, guidée par les écrits des poètes élégiaques…

Une puce a chanté, poèmes d’une vie écourtée

Bruno Pfister

Ce recueil d’une centaine de poèmes débarrasse Mai 68 de tous les discours et de l’imagerie habituelle. C’est une photographie de l’époque côté négatif avec tout le contraste du ressenti et de la réflexion, d’un jeune poète engagé. Un pied dans le mouvement, un autre dans la marge poétique, Bruno Pfister connaît la déception terrible dont seuls sont capables les grands romantiques.
Tandis que commence à fleurir le fructueux commerce soixante-huitard, il se sent de plus en plus isolé et dupé. Peau après peau, comme l’oignon que l’on pèle, c’est son être même qui tend à se réduire, à disparaître jusqu’à ce que cette perspective devienne un projet. Alors, le 1er mai 1979, quai de la Grave, à Marmande, au pont de la Garonne, Bruno Pfister s’immole par le feu en nous laissant un cahier sur lequel, mois après mois, sous une forme poétique, il a transcrit son vertigineux voyage…

Carnet vénitien

Alex Susanna, Patrick Gifreu

Confronté à Venise, ses saisons, ses mythes et les rencontres littéraires ou anodines qui alimentent son journal, Alex Susanna renoue ici avec une tradition oubliée : la réflexion en prose des poètes.
Ce livre a obtenu à Barcelone le prix Josep Pla, en 1988.
(Traduit du catalan par Patrick Gifreu)

Sortilèges de la frontière

Michèle Vert-Nibet

D’Hannibal aux filières clandestines, en passant par Saint-Ex, Malraux et Salvador Dali, Michèle Vert-Nibet nous parle à travers ces seize nouvelles du monde mystérieux de la frontière. Tour à tour humoristiques, étonnantes ou parfois dramatiques, elles restituent en filigrane la complexité de notre société.

L’or du temps

Arlette Franco, Michel Sitja

Un jour venu, une femme et un homme ont besoin de se parler, de se reparler. Ils vont évoquer la vie, la mort, la politique et le pouvoir mais aussi la littérature, la poésie, la danse, en un mot, la comédie humaine. (…) Tous les deux ont jeté leurs masques, parlent simplement en étant conscients de toutes les incertitudes de l’existence. Un moment de partage, d’échange, d’émotions aussi. En fait un autre projet de leur vie. En suivant le très beau prologue de l’Evangile selon Saint-Jean, au moment où la lumière baisse, une autre lueur, celle de leurs réflexions, nous éclaire…