Josep Subirats.
Périple d’un artiste : du front aux camps de concentration et des bataillons disciplinaires aux baraquements miséreux de la Barcelone d’après-guerre (1936-1941)

Eric Forcada

isbn : 978-2-36391-000-4, 200 pages

 

27.00 €

 

Longtemps exclue du monde de l’art car donnant à voir des lieux et des scènes que la société de son temps préférait oublier, l’œuvre de Josep Subirats est enfin rassemblée et étudiée dans ce livre. Artiste peintre pris dans la tourmente de l’histoire, celui-ci apporte son témoignage de l’intérieur : des affiches réalisées dans les ateliers du Sindicat de Dibuixants Professionals en passant par les croquis pris sur le front dans les rangs de l’Armée Populaire, jusqu’aux dessins ébauchés au cours de ses différents internements dans les camps du Roussillon (1939-1940) ou dans les bataillons disciplinaires du franquisme (1940-1941).
Pendant cinq ans, l’artiste ira de camp en camp et, à chacune de ses étapes, dessinera son quotidien. Il laissera ainsi le témoignage de son passage dans trois camps de concentration roussillonnais (Le Barcarès, Argelès et Perpignan), dans deux camps franquistes (Figueres et Reus) et dans les terribles Bataillons disciplinaires (Lleida, Darnius, Caldes de Malavella et la Barceloneta). En chemin, il témoignera du camp du Champ de Mars, en plein Perpignan, qui n’avait fait l’objet d’aucune étude jusqu’à aujourd’hui.
A son retour à la vie civile en 1941, il travaillera à une importante série consacrée au phénomène méconnu du « Barraquisme » à Barcelone. Comme un prolongement naturel de l’expérience de sa vie dans les baraques des camps de concentration français, il s’intéresse à ces quartiers improvisés et sera le premier à les peindre apportant un témoignage inédit sur ces baraquements qui rassemblaient aux portes de Barcelone, d’innombrables victimes du franquisme.
L’œuvre de Josep Subirats, réaliste et incisive, montre l’univers transitoire et éphémère de toutes ces victimes directes ou indirectes du franquisme. Vaincu parmi les vaincus, par ses dessins Subirats lègue un patrimoine visuel redonnant corps à des espaces de vie aujourd’hui totalement disparus, effacés presqu’oubliés.